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Réchauffement climatique : l'alimentation des baleines en danger
Suite au réchauffement de la Terre, la nourriture se fait rare pour les baleines
La 60ème réunion de la CBI se tient cette année à Santiago du Chili, du 23 au 27 juin. Il s'agit de la première réunion de la CBI en Amérique du Sud depuis près d'un quart de siècle.
C'est aussi l'occasion de faire un point sur le réchauffement climatique qui, à court terme, touchera l'alimentation des baleines et donc leur survie.
Communiqué du WWF, le 23 juin 2008
Les zones entourant le Pôle Sud où les baleines viennent s'alimenter s'amenuiseront, seront de moins en moins riches en nourriture et se trouveront de plus en plus éloignées. Tel est le scénario qui attend les baleines dans les océans entourant l'Antarctique si le réchauffement global de la planète atteint les 2°C. Un scénario contenu dans le rapport Ice breaker (1) : Pushing the boundaries for whales publié par le WWF à la veille d'une réunion cruciale de la Commission baleinière internationale qui s'ouvre ce lundi à Santiago du Chili.
Ce sont entre autres le rorqual bleu, le plus grand être vivant de notre planète, et la baleine à bosse qui se trouveront confrontés au manque de ressources alimentaires. Cette dernière espèce, soit dit en passant, commence seulement à reconstituer une partie de ses effectifs après avoir été décimée par la chasse commerciale menée principalement durant la première moitié du 20ème siècle. Les deux espèces sont migratrices. Pour s'accoupler, donner naissance à leur petit et l'allaiter, les baleines à bosse fréquentent des zones océaniques situées plus au nord. Mais pendant trois à quatre mois par an, elles se nourrissent principalement de krill dans les océans qui entourent l'Antarctique, où elles se constituent des réserves de graisse pour le reste de l'année. Les baleines se nourrissent à hauteur de ce que l'on appelle les « zones frontales », là où des eaux riches en nutriments provenant des profondeurs permettent le développement d'énormes quantités de krill.
Suite au réchauffement de la Terre, ces zones se déplacent vers des régions plus froides autour du Pôle Sud et, avec elles, le précieux krill. Ce phénomène risque de forcer les baleines migratrices à parcourir 200 à 500 kilomètres en plus vers le sud pour pouvoir s'alimenter. Cette distance supplémentaire parcourue durant leur migration annuelle force les animaux à dépenser un surplus d'énergie et raccourcit la période durant laquelle elles peuvent constituer leurs réserves de graisse.
Etant donné que les zones riches en krill se déplaceront plus loin vers le sud, elles se rapprocheront les unes des autres, ce qui réduira encore davantage les possibilités d'alimentation des baleines.
De plus, les quantités de krill diminueront, réduisant de la sorte les quantités de nourriture disponibles pour les cétacés. Cette diminution s'explique par le fait que le cycle de vie du krill dépend de la banquise qui se forme sur la mer. Si le réchauffement de la planète atteint les 2°C, cette glace se réduira d'environ 30% autour de l'Antarctique.
Si nous ne parvenons pas à freiner rapidement le réchauffement climatique, une telle situation sera atteinte d'ici moins de 40 ans. Une espèce comme le petit rorqual, qui dépend étroitement de la banquise, se trouvera en moins d'une génération confrontée à des bouleversements dramatiques dans son environnement annonce le Dr. Susan Lieberman, Directeur du Programme Espèces du WWF-International et qui dirige la délégation du WWF à la réunion de la CBI. Les conséquences du réchauffement climatique sur les baleines sont une bonne raison supplémentaire pour adopter des mesures drastiques visant à mettre fin au changement climatique".
(1) : Ice breaker: Pushig the boundaries for whales est un résumé de l'étude commanditée par le WWF aux chercheurs Dr. Cynthia Tynan et Dr. Joellen Russell. Cette étude a été présentée au Comité scientifique de la CBI dans le rapport suivant : Tynan, C. T. et Russell, J.L. 2008. Assessing the impacts of future 2°C global warming on Southern Ocean cetaceans. International Whaling Commission, Scientific Committee document SC/60/E3.
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(c) Gérard Soury
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