Ce matin-là, à Lower Zambezi, nous sommes partis à pied avec notre guide de Sausage Tree Camp, en petit groupe de sept. La lumière était douce, l’air encore frais, et nous marchions en silence, concentrés sur chaque pas, chaque bruit, chaque odeur. L’atmosphère avait quelque chose de primitif, comme si nous touchions du doigt une Afrique encore sauvage et intacte.
À un moment, le guide nous a brusquement arrêtés. Il nous a fait signe de nous accroupir derrière un rocher, puis de nous placer dans le sens inverse du vent. Un éléphant solitaire n’était pas loin, et il fallait s’assurer qu’il ne capte ni notre odeur, ni notre présence. J’avais confiance en notre guide, en son calme et sa lecture du terrain, mais je ne pouvais m’empêcher d’imaginer tous les scénarios. Mon cœur battait fort.
Cette tension, ce danger réel, c’était une première pour moi, en safari.
Soudain, une agitation chez les oiseaux, des cris stridents et désordonnés, attire notre attention. Le guide chuchote : "That’s an alert call."
Il pense qu’un félin rôde dans les environs. Nous ne verrons rien à pied… mais au coucher du soleil, alors que nous roulons paisiblement en 4x4, deux lions surgissent dans la lumière dorée. Impressionnants, superbes. Et je dois avouer qu’à cet instant, j’étais bien contente de les croiser dans ces conditions, confortablement installée et en toute sécurité !