Nombre de camps disposent de caches, dissimulées au bord de points d’eau visités par la faune. Au sein de ces espaces, j'ai toujours le sentiment de m'effacer du monde, invisible, comme fondue dans le paysage.
On s'installe pour quelques heures, avec ou sans appareil photo, mais toujours animé de patience. Le jour s’étire lentement, le temps s'égrène tandis que des éléphants viennent jouer dans l’eau, s’aspergent tout en barrissant joyeusement. Plus tard, une girafe s'approche, élégante. Tel un origami, elle se plie avec grâce pour atteindre la surface de l'eau et se désaltérer. Le silence revient, rompu soudain par une lionne au regard doré, venue s’abreuver. Les ombres s'étirent dans la lumière du soir, ourlant chaque mouvement, chaque scène de vie animale.
Dans la pénombre de ma cache, ces instants m'offrent une rare intensité : l’impression d’observer le monde sauvage dans sa vérité la plus pure, dans une intimité fragile où la nature règne en souveraine.