Le fleuve Zambèze s’étendait paisiblement devant nous, baigné par une lumière dorée de fin d’après-midi. Je pagayais tranquillement avec mon guide, bercé par le rythme doux de l’eau et le chant lointain des oiseaux. L’eau glissait doucement sous le canoë, et tout semblait sous contrôle… jusqu’à ce que nous restions soudainement bloqués. Le niveau de l’eau était trop bas ; notre embarcation s’était échouée sur un haut-fond. Mon guide a immédiatement tenté de nous dégager, mais malgré ses efforts, rien n’y faisait.
C’est alors que je les ai vus : à quelques mètres à peine, un petit groupe d’hippopotames nous observait. Leurs têtes massives dépassaient à peine de l’eau, mais leurs yeux, eux, étaient fixés sur nous. Très vite, un grognement sourd a rompu le silence. Une oreille s’est dressée, une tête a bougé. On sentait la frontière fragile entre calme et danger. Mon guide, concentré, a gardé son sang-froid. Lentement, presque imperceptiblement, il nous a fait reculer. L’eau a repris de la profondeur. Les hippos n’ont pas bougé mais le Zambèze venait de me rappeler, sans violence, qui était le maître des lieux.