Le soleil venait à peine de se lever quand j’ai quitté Dar Ahlam, accompagnée par Hanan, la conteuse de Dar Ahlam. Il est aussi possible d’explorer la palmeraie de Skoura à vélo ou en triporteur, mais ce matin-là, j’avais choisi la marche, pour sentir, écouter, respirer.
L’air était frais, la lumière encore dorée. Hanan marchait juste devant moi, silhouette tranquille, voix douce.
La palmeraie s’est ouverte lentement, comme un décor qu’on découvre plan par plan : les séguias qui chuchotent, les palmiers qui ondulent, les murs en pisé qui se réchauffent au soleil. Une chèvre passe. Un enfant rit. Tout semble parfaitement à sa place.
Hanan me parlait des plantes, des anciens, de la mémoire fragile de l’oasis.
Nous avons pris un petit sentier ombragé qui menait jusqu’à la maison de Momo, l’ancien jardinier du Dar Ahlam. Il nous a accueillies avec chaleur, une lueur dans les yeux. Sa petite-fille s’est jointe à nous, timide d’abord, puis souriante. Nous avons partagé un thé à la menthe sous les arbres.
Il y avait dans l’air une forme de paix rare. Quelque chose d’intemporel, de précieux.
Je suis repartie le cœur léger, nourrie par la douceur du lieu et la bienveillance des rencontres.