Un soir d'avril, le dernier de notre aventure kenyane...
Notre guide nous fait la surprise de nous convier sous les étoiles autour d'un feu, allumé dans un lit de rivière asséché non loin du camp. Les ombres dansent, les étincelles volettent, le bois crépite et tout autour, la vie nocturne nous enveloppe.
En anglais, nous échangeons jusqu'au cœur de la nuit. Robert raconte l'émotion de son grand-père, enfant des années 1930, terrorisé par la première automobile d'hommes blancs traversant son village isolé. Une vision maléfique qu'aucun chaman n'avait annoncée ! Il évoque son jeune fils, fasciné par les sillages d'avions, dont les caps semblent des ailleurs inaccessibles. Chacun évoque sa vie, ses émotions, on refait le monde, les mots vibrent autant que la lumière des flammes vacille.
Notre feu s'est éteint depuis longtemps dans la savane de Samburu mais ces récits restent vivants en nos mémoires.