Ours polaire : pas d’interdiction du commerce international de l’espèce

 

 

La proposition des Etats-Unis d’interdire le commerce international de l’ours polaire a été rejetée lors de la conférence de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées). L’ours polaire restera en Annexe II de la CITES, ce qui signifie que son commerce est strictement réglementé mais pas interdit.

Cette décision est présentée comme un arrêt de mort de l’ours polaire (article du Monde.fr) par certains mais tempérée par d’autres (article du Guardian). Décryptage :

Le groupe de spécialistes de l’ours polaire de l’UICN ne soutenait pas cette proposition, considérant qu’une telle interdiction serait peu susceptible d’apporter un bénéfice pour la conservation de l’ours polaire mais pourrait avoir des conséquences négatives du point de vue socio-économique (pour la population Inuit) et sur la coopération en terme de management de l’espèce. Le WWF ne soutenait pas non plus cette proposition.

Comme il est apparu lors du passionnant colloque sur l’ours polaire organisé en octobre 2012 par Pôles Actions, la question de l’ours polaire est beaucoup plus complexe que ce qui est généralement exposé dans les médias et très politique. Des données scientifiques récentes et fiables n’existent pas pour la totalité des sous-populations, loin s’en faut. Ces données montrent parfois un déclin mais parfois un niveau stable voire une augmentation de certaines sous-populations. Ce sont les Inuit qui auraient été les plus impactés par une interdiction du commerce international de l’ours polaire, alors qu’ils subissent déjà de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, qu’ils n’ont pas contribué à créer.

L’urgence pour la conservation de l’ours polaire est d’agir contre le réchauffement du climat qui est à l’origine de la disparition de son habitat et d’obtenir des données actuelles, fiables et complètes sur l’ensemble de la population d’ours polaires pour établir un plan coordonné de management.