C’est une île perdue à l’orée du cercle polaire. À l’échelle géologique, une ado tourmentée d’à peine vingt millions d’années, qui forge ses paysages dans la démesure et les coups d’éclats. Entre fjords majestueux, glaciers géants, volcans impétueux, geysers brûlants et fougueuses cascades, la sillonner, est un voyage aux origines du monde.
Un spectacle intense qui se mérite.

Pour les scientifiques, l’Islande, qui abrite la plus grande concentration de volcans actifs au monde, est un terrain de jeu extraordinaire. Un laboratoire à ciel ouvert où nombre de phénomènes naturels qui ont façonné notre planète peuvent être observés. Une matière vivante qui pulse sous vos pieds au milieu des fumerolles, réchauffe les corps dans les sources chaudes, se lit sur les champs de lave, dans les strates de roches et les failles des rifts. Pour le voyageur, c’est un choc visuel permanent entre ombre et lumière, de sublimes désolations en vallées oniriques. C’est aussi la sensation de fouler du pied une planète inconnue, l’ivresse des grands espaces.
L’ébahissement à chaque tournant, dès la sortie de Reykjavik.
À cinquante kilomètres, à l’est de la capitale, s’étend le plus grand parc national de l’île, le Thingvellir. Haut-lieu de l’histoire locale (on y trouve l’Althing, le tout premier parlement au monde, fondé en 930), ce trésor du Patrimoine Mondial abrite aussi l’immense faille d’Almannagjá, née de la rencontre des plaques américaine et eurasienne. Un peu plus loin, c’est la vallée de Haukadalur, et son fameux Geysir Strokkur. Puis Gullfoss, où la rivière Hvítá se jette dans un amphithéâtre d’orgues basaltiques. Somptueux… Ces trois sites majeurs constituent les étapes du célèbre circuit du Cercle d’Or. Un condensé d’Islande facile d’accès. Certes, mais il serait dommage de s’en contenter.
Aller plus loin… Mais par où commencer ?
Paul, s’est posé la même question. Élève ingénieur, il a passé six mois sur l’île, de février à août 2023, en stage chez un des leaders mondiaux de la prothèse, Össur, une fierté nationale. Disposant de ses week-ends et de quinze jours de congés en tout pour découvrir le pays, il s’est penché sur les cartes et s’est aménagé un programme d’excursions sur mesure, de la plus touristique à la plus aventureuse, pour faire le plein de nature islandaise.

Il a bien sûr emprunté la Route 1, que l’on nomme aussi Ring Road car elle fait une boucle tout autour de l’île. « Le tronçon Sud est le plus populaire, c’est une route côtière magnifique qui frôle les volcans Eyjafjalla et Myrdas avant de gagner l’immense lagune de Jökulsárlón au pied du Vatna, la plus grande calotte glacière d’Europe ». Une plage de sable noir, baptisée Diamond Beach, où viennent s’échouer les icebergs détachés du glacier complète le tableau.
Poursuivant la route, on atteint les fjords de l’Est, « une région moins touristique, ponctuée de villages d’à peine cinq cents âmes, décrit-il, c’est là que les Islandais se sont implantés ! » En poussant à l’intérieur des terres, vers le nord, avant de rejoindre les champs de lave et sources géothermiques près du lac Mytvatn, Paul marque l’arrêt à Leirhnjúkur « c‘est une région remarquable par l’immensité et le côté irréel de ses paysages quasi apocalyptiques. L’impression de ne plus être sur terre est saisissante, ça n’est pas pour rien si les astronautes des missions Apollo sont venus s’y entraîner ! ».
Islande © Paul Guillot – Étendues Sauvages
Entretien et rédaction : Marilou Desbois











