Le lac est calme, la lumière dorée. Assise dans une pirogue, je glisse lentement sur l’eau, portée par le silence et les reflets. Au loin, des chants s’élèvent. En approchant d’une petite île, un groupe de villageois nous attend, souriants, un homme grattant doucement sa guitare, comme pour tisser un lien invisible entre nous.
À notre arrivée, ils nous servent un apéritif dînatoire délicieux, préparé avec soin. Puis, soudain, la pluie se met à tomber, drue, chaude, imprévisible. Nous nous réfugions sous un petit abri de fortune, à peine trois mètres sur deux, collés les uns aux autres.
Et puis elles sortent. Les jeunes filles du village, les pieds nus sur la terre mouillée, se mettent à danser sous la pluie, portées par les pulsations d’un djembé. Leurs corps expriment une joie brute, libre, contagieuse. Sans réfléchir, je les rejoins. Une pulsion. Un abandon. Petit à petit, tout le monde entre dans la danse. Sous la pluie, les frontières fondent.
Le retour en pirogue, sous les trombes d’eau, est rythmé par les rires, les chants, les seaux qu’on passe pour écoper.
C’était plus qu’un moment : une libération joyeuse, offert par Iharana.