La forêt primaire plonge dans le Pacifique

Isla Palenque, Panama © Isla Palenque
Isla Palenque, Panama © Isla Palenque

Direction Isla Palenque, au sud du Panama, sur le golfe de Chiriquo.
Ou plutôt cap vers un sanctuaire où la forêt primaire n’en finit pas de s’épanouir, jusqu’à plonger dans le Pacifique.
Les « casitas » privatives du lodge Isla Palenque sont invisibles de la plage, blotties dans la forêt.
On pourrait rester là des heures, des jours, des semaines, à lézarder dans un hamac qui donne sur la jungle. Il suffirait de fermer les yeux, de se laisser bercer par les cris familiers des singes hurleurs, de se laisser envahir par l’incroyable odeur d’iode mêlée de tourbe. En toute sécurité, loin des bruits du monde urbain, niché au cœur d’une nature inviolée. Quelques pas conduisent à la longue plage. Elle est le plus souvent déserte. Seuls les dauphins viennent vous déranger. Ils adorent jouer avec les rares humains de passage.

Le Panama est une destination bien moins courue que le Costa Rica, sa voisine immédiate.
Le pays n’a en effet pas besoin des touristes pour vivre. Ses ressources énergétiques, son canal et son agriculture sont des sources de revenus importantes – et s’il en est suffisantes – pour les besoins intérieurs. Alors, quand le voyageur arrive pour découvrir le Panama, il est accueilli en hôte de marque plus qu’en « client ». Tout est mis en œuvre pour le choyer, en toute authenticité. C’est encore plus vrai à Isla Palenque.

Isla Palenque, Panama © Isla Palenque
Isla Palenque, Panama © Isla Palenque

Il faut une trentaine de minutes pour arriver sur l’île, sur un petit bateau de bois. La traversée du golfe de Chiriquo est déjà un éblouissement, avec ses dizaines d’îles – pour la plupart désertes –, toutes recouvertes de forêts qui semblent plonger dans la mer. Le rivage n’est pas si loin, mais c’est déjà le bout du monde. « On accoste sur Isla Palenque près d’un long ponton en bois et c’est immédiatement un choc. On est comme happé, au cœur de la forêt primaire, avec les singes hurleurs en fond sonore », se souvient Fabrice.
Avec son épouse, ils avaient décidé de vivre leur lune de miel au Panama, en se laissant convaincre d’une fin de voyage sur Isla Palenque. Une apothéose, à en croire ces jeunes mariés qui ont encore en mémoire leurs premières sensations en pénétrant la jungle. Ils gardent intact le sentiment de la vie qui éclate, plus dense que jamais dans la forêt impénétrable. Le volume sonore est incroyablement élevé, avec les concerts d’oiseaux exotiques en mode fortissimo. Invisibles, ils s’accordent pour jouer un air de bienvenue.
Le luxe ne saurait être le luxe s’il se fait trop ostentatoire. La maxime se vérifie jusqu’au moindre détail à Isla Palenque. Les huit « casitas » qui donnent sur la plage sont absolument invisibles. Même un drone aurait du mal à les trouver. Elles se fondent dans la jungle, tout en garantissant le maximum de confort aux hôtes de passage. Leur mobilier, sobre et esthétique, est conçu avec les matériaux de la région, par les meilleurs artisans du Panama.

Isla Palenque, Panama © Isla Palenque
Isla Palenque, Panama © Isla Palenque

Les repas, cuisinés par un chef renommé, ne sont que délicatesse et raffinement. Les fruits et légumes proviennent tous de la ferme bio du lodge, les poissons sont pêchés du jour. Isla Palenque est généreuse, elle pourvoit tout le nécessaire aux heureux Robinsons échoués au cœur de la forêt primaire.
Parfois, les Robinsons sortent de leur abri de verdure pour s’aventurer sur la plage. L’un des meilleurs moments pour le faire est peut-être à la tombée du jour, quand le ciel vire du rose au noir, en jouant avec le gris du sable. Ou peut-être au petit matin, quand les iguanes sortent de leur cachette ou que les dauphins surfent sur les vagues, curieux d’observer les humains.

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